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21/05/2013

L'argent fait le Bonheur OU Risques psychosociaux, un enjeu majeur de santé publique ?


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) estime que la prévention des risques psychosociaux pourraient devenir un enjeu majeur de santé publique.

Il souligne le retard pris par les entreprises et préconise notamment d'étudier l'impact des restructurations en amont.

Sylvie Brunet : "l'impact des troubles psychosociaux sur notre compétitivité économique est encore largement sous-estimé".

Les choses vont enfin bouger ! Il est question d'ARGENT. C'est un argument majeur. L'argument ! Avant ce constat, cette crainte, le stress au travail et les risques psychosociaux n'étaient pas pris très au sérieux contrairement parfois aux apparences. Même si dans l'entreprise, on s'affairait à mettre en place des soi-disant moyens pour les éviter : une salle de sport, un sondage sur le stress... C'était bon ! On avait fait le job. On était "couvert" et on était très fier de présenter tout cela aux salariés dans des grandes salles de réunion ! Mais les ingrédients du stress, du burnout, du suicide parfois... étaient toujours là. Eux on n'y touchait pas. En fait, on s'occupait très bien de la forme mais on faisait fi du fond du problème pour le régler avec sérieux.

Le stress...
  • une surcharge de travail
  • des rythmes effrénés
  • des objectifs contradictoires
  • une peur du licenciement
  • un manque de reconnaissance
  • un manque d'autonomie
  • un management harcelant... 
  •  ...
Avec la crise, les agissements toxiques de certains sont devenus aux yeux des décideurs,  "légitimes", sans aucune remise en question possible.

Et aujourd'hui, avec cette prise de conscience que tout cela a un coût, il ne pourra en être autrement que de s'attacher à traiter enfin le problème dans le fond. Excusez-moi mais je m'en réjouis. Vraiment désolée qu'il ait fallu en arriver là mais tellement soulagée à l'idée d'une amélioration. Je suis sidérée que l'humain n'ait pas plus de place et de considération dans le monde du travail. Un vrai gâchis. A 45 ans, en France vous êtes un sénior ce qui signifie que vous êtes bon à mettre au rebut. C'est ce que j'observe. La société vous a amorti (si je puis dire) et vous vous êtes meurtri !

Je suis en colère après ceux qui ont cette vue à court terme si nocive pour la société entière et tous les Hommes qui la constituent. On prend, on presse et on jette ! On ne fait rien de bon ainsi. J'en suis certaine, et je le dis depuis plus de 20 ans : Rendons les Hommes heureux sur leur lieu de travail, dans la mesure du possible, et ils donneront le meilleur d'eux-mêmes. Entrons dans un cercle vertueux. Est-ce difficile ? Que peut-on améliorer ? On pourrait poser la question aux personnes concernées : les salariés !...

"Les salariés français ne sont pas plus fragiles que les autres. Tout au plus sont-ils très investis dans leur travail. D'où un réel conflit de valeurs dans lequel ils ont le sentiment de ne pas pouvoir faire leur travail comme ils le voudraient. Ce qui est urgent c'est de changer certaines pratiques managériales destructrices", ajoute Françoise Geng qui préside la section du travail et de l'emploi au CESE.

"Donne à l'homme un pourquoi, il pourra s'accommoder de tous les comment", professait Nietzsche.

 
Lire l'article Le stress au travail, bientôt décrété enjeu de santé publique ? sur le site de la tribune : www.latribune.fr

21/01/2010

Le stress au travail coûte au moins 2 à 3 milliards d'euros par an France)

C'est la conclusion d'une vaste enquête menée par "Arts et Métiers ParisTech" et l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). L'absentéisme en entreprise et la cessation d'activité sont les principaux postes de coût. 

Quels sont les risques de développer des pathologies en lien avec le stress ?

C'est la question que se sont posées les auteurs de l'étude, qui n'ont retenu qu'un seul facteur de stress : le "job strain", ou situation de travail tendue. Cela se caractérise par une forte pression (des cadences rapides ou des échéances très serrées) et par une absence d'autonomie dans la réalisation du travail. 

Résultat pour l'année 2007 : près de la moitié des salariés sont exposés à ce genre de situation, à plus ou moins forte dose, pendant les trois quarts de leur temps de travail. Au-delà des conséquences humaines, ce stress au travail génère des maladies cardiovasculaires, des dépressions, certains troubles musculo-squelettiques...

Ces pathologies engendrent des coûts très importants pour la collectivité et les entreprises : entre 800 millions et 1,2 milliard d'euros pour l'absentéisme, à peu près la même chose pour les invalidités et les dispenses de recherche d'emploi. Mais cela se traduit aussi par des soins de santé et parfois par des décès prématurés.

Au total, le coût du stress au travail est évalué entre 2 et 3 milliards d'euros : une évaluation très sous-estimée, reconnaissent les auteurs, car  elle ne prend en compte qu'un seul facteur de stress et seulement certaines pathologies pouvant être liées au stress.

26/11/2009

La question du stress en entreprise

D'après un sondage Ifop, 52% des salariés français se disent stressés, mais 84% se déclarent aussi satisfaits de leur situation professionnelle. 68% des cadres estiment que l'ambiance générale est bonne dans leur entreprise, mais 77% d'entre eux pensent que leurs objectifs de travail sont irréalistes. Le stress professionnel n'est pas un phénomène nouveau en France, où il est d'ailleurs "très répandu", constate le magazine "Challenges". Les entreprises l'ont cependant longtemps dénié. Aujourd'hui, même si la prévention du stress ne fait pas encore partie des préoccupations stratégiques des entreprises, les mentalités commencent à évoluer. Les créations d'observatoires de santé au travail ou de baromètres sociaux reposant sur des questionnaires se multiplient dans les entreprises. "Challenges" cite notamment l'exemple de sanofi-aventis. "Nous avons des process pour évaluer le niveau de stress des collaborateurs. Nous avons aussi créé des cellules de dialogues et d'écoute", explique Christian Lajoux, qui précise que "la question du stress est tellement complexe" que "nous ne sommes pas à l'abri d'un accident". Un discours prudent qui, selon "Challenges" est "largement répandu dans les directions" des entreprises françaises.

Challenges - 19/11/09

08/11/2009

Risques "psychosociaux" : 40 indicateurs

40 indicateurs pour mieux cerner les risques "psychosociaux" du stress au travail. Les auteurs du rapport sur les "risques du stress au travail", demandé par le ministère du Travail, sont une vingtaine de sociologues, médecins, psychiatres, statisticiens et économistes. Ils s'appuient sur des études scientifiques et plusieurs enquêtes nationales réalisées en 2003, 2005 et 2007 auprès des salariés. Selon le rapport provisoire, les risques psychosociaux (stress, dépression, anxiété) peuvent entraîner "un accroissement" du risque de maladies cardiovasculaires, de problèmes de santé mentale et de troubles musculo-squelettiques. Chargés "de formuler des propositions en vue d'un suivi statistique des risques psychosociaux au travail", les experts ont déterminé 40 "indicateurs provisoires"."Chacun de ces indicateurs est pertinent, mais ils ne donnent pas encore une vue exhaustive et synthétique des risques psychosociaux au travail", indique Michel Gollac, sociologue et administrateur de l'Insee, mais aussi président du groupe d'experts. Ces indicateurs sont regroupés en six catégories : exigences du travail, charge émotionnelle, autonomie et marges de manoeuvre rapports sociaux et relations de travail, conflits de valeur et insécurité socio-économique. La version définitive du rapport est prévue
à l'automne 2010.

12/10/2009

Harcèlement moral au travail: agir et guérir!

Les mots de l'avocat Vanessa FITOUSSI, aux victimes de harcèlement moral au travail.

Le harcèlement moral existe comme une sorte de « tendance » dans le monde du travail, est- ce un nouveau mal du siècle ou plutôt un mal récemment diagnostiqué ? Peu importe, c'est une réalité qui ruine, détruit, blesse, déprime des individus au départ plein de bonnes intentions dans leur nouvel emploi et qui peut réduire à néant psychologiquement un être humain brisé dans une relation destructrice au quotidien.

Ces victimes supportent des brimades de tous les jours pour sauver un emploi, pour l'école des enfants, pour le loyer, les impôts, encaisser la pression, se taire continuer, et un homme ou une femme, cadre ou ouvrier, s'enfonce dans une dépendance insupportable.

L'avocat a-t-il une parade contre cette destruction ? Les victimes de harcèlement moral au travail peuvent ils se constituer partie civile, comme un accidenté de la route ou un commerçant volé, faire valoir leurs droits, rompre leurs contrats de travail, obtenir des dommages et intérêts ? bien sur que OUI mais sous certaines conditions….

Aider un salarié victime de harcèlement, c'est parcourir avec lui un long chemin vers une renaissance, une sorte de résurrection professionnelle, c'est très complexe et douloureux, et la récompense est bien souvent d'ordre psychologique et humaine, plus que financière.

Ce n'est donc pas un contentieux comme les autres, ni une procédure naturelle, c'est une guerre qu'on ne peut pas perdre sauf à laisser son client déserter sa propre identité, son âme et le laisser renoncer au respect que lui doit son supérieur quel qu'il soit. Or, l'avocat construit son dossier en sachant que le droit au respect ne se plaide pas, ne se justifie pas, il s'impose !

Vous trouverez dans ce dossier ce qu'il faut connaitre pour agir en justice, mais tous ces éléments ne sont « qu'informatifs et textuels», l'essentiel relève de la volonté du client, car le plus difficile à faire admettre aux victimes d'harcèlement qui font appel à la justice, c'est qu'elles sont en réalité les seules à pouvoir y mettre fin …réellement.

...

Ainsi l'agresseur auteur de harcèlement est un manipulateur qui peut prendre de nombreux visages: (sympathique, séducteur, dictateur). L'agresseur agit ainsi pour deux grandes catégories de raisons: soit le contexte de l'entreprise (productivité, objectifs …) le pousse à appliquer ces méthodes (pour se débarrasser des salariés devenus indésirables, éviter le coût d'un licenciement,) ; soit l'auteur de harcèlement présente une pathologie perverse destructrice de l' »autre ».

La victime n'est pas choisie au hasard, elle n'est pas plus faible ou plus vulnérable qu'une autre personne. Très souvent le harcèlement se met en place quand une personne réagit à l'autoritarisme d'un chef et refuse de se laisser maltraiter. La victime présente des qualités certaines (perfectionnisme, conscience professionnelle) et on ne peut pas dire que les victimes sont dans cette situation parce qu'elles l'ont « mérité ».


Consulter le dossier très complet...

11/10/2009

France - Le Medef veut négocier sur la violence au travail

Le Medef souhaite ouvrir des discussions avec l'ensemble des partenaires sociaux sur la transposition en France de l'accord européen sur le harcèlement et la violence au travail.

L'annonce en a été faite vendredi, lors d'une réunion de négociation sur la gestion des conséquences de la crise économique sur l'emploi, alors que se multiplient les risques dans les entreprises et que France Télécom est confronté à une vague de suicides.

Le Medef a évoqué les discussions qu'il souhaite ouvrir "sur la transposition de l'accord cadre européen sur le harcèlement et la violence au travail du 26 avril 2007", ainsi qu'il s'y était engagé dans l'accord du 2 juillet 2008 sur le stress au travail.

Cette négociation sera présidée par Benoît Roger-Vasselin, directeur des ressources humaines du groupe Publicis et président de la commission relation du travail du Medef. (Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser)

Reuters PARIS, 2 octobre 2009

07/10/2009

Les salariés en cage, il suffisait d'y penser !

On se pince en apprenant que, pour lutter contre les suicides qui se multiplient dans son entreprise, France Telecom vient certes de renoncer à sa politique de «It's time to move », in the text, traduisez : «casses toi de là pauvre indésirable », mais mise aussi sur un immeuble «anti-suicide». Sic

Barrières rehaussées, fenêtres «sécurisées», accès interdits aux terrasses ou passerelles. Il suffisait d'y penser ! Pour lutter contre l'ultra moderne solitude des salariés, le mieux consiste donc à les enfermer. Et à leur interdire l'accès aux pont des autoroutes, d'où vient de se jeter le 24ème salarié de France Telecom acculé au désespoir. Et à voir l'ouvrage, on à tout de suite envie de courir y travailler dans une chaleureuse convivialité.

Demain va-t-on nous demander nos lacets de chaussures et nos cravates ou ceintures à l'entrée des bureaux ? Nous interdire les journaux : trop déprimants, la philo, trop déstabilisante, l'Internet : fauteur de troubles...

Décidément, on n'arrête pas le progrès.

Le blog de l'équipe Education/Entreprendre du Nouvel Obs

Consulter l'article complet...

05/10/2009

QI et châtiment corporel

806 enfants américains âgés de 2 à 4 ans, et 704 âgés de 5 à 9 ans, ont participé à une étude sur le châtiment corporel dirigée par le Pr. Strauss. Ces deux groupes ont à nouveau subi des tests quatre années plus tard. Les enfants âgés de 2 à 4 ans qui ne reçoivent pas de fessées ont des quotients intellectuels en moyenne 5 points au dessus de ceux des enfants qui reçoivent des fessées, selon l'étude. Par ailleurs, les enfants âgés de 5 à 9 ans qui ne reçoivent pas de fessées ont en moyenne des quotients intellectuels plus élevés de 2,8 points que les enfants de cet âge qui reçoivent des fessées. Le chercheur a même établi un lien entre le QI moyen des habitants d'un pays et le nombre de personnes donnant la fessée à leurs enfants. Pour cela, Murray Strauss et ses collègues de 32 nations ont utilisé des données portant sur le châtiment corporel expérimenté par plus de 17 400 étudiants quand ils étaient enfants. La baisse du QI induite par le châtiment corporel s'expliquerait par deux raisons, selon le chercheur. Tout d'abord, la punition corporelle entraîne un grand stress pour les enfants qui la subissent 2 ou 3 fois par semaine. Ensuite, le stress lié au châtiment corporel entraîne une augmentation des symptômes post-traumatiques, tels que la peur que des choses terribles puissent arriver, et le fait d'être facilement surpris.

Consulter l'article complet...

28/09/2009

Diabète et Stress au travail

Le stress au travail doublerait le risque de diabète de type 2 chez les femmes d'âge moyen.

L'équipe d'Alexandros Heraclides de la Royal Free and University College London Medical School, a analysé de 1991 à 2004 les données concernant 5 895 hommes et femmes fonctionnaires non diabétiques d'âge moyen (35-55 ans) et d'origine européenne.

Le diabète de type 2 était diagnostiqué à l'aide d'un test oral de tolérance au glucose. Un auto-questionnaire était recueilli au départ, complété par quatre collectes de données comprenant deux phases de dépistage.

Pour l'évaluation du stress au travail, les auteurs ont utilisé le "Job Strain uestionnaire" mis au point par Karasek et Theorell qui tient compte de trois aspects : la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social.

Par ailleurs, les participants ont rempli le "Life event and difficulty schedule" qui évalue la manière dont ils pouvaient être affectés par des événements ou des difficultés de la vie.

Les résultats montrent que, par rapport aux non diabétiques, les patients ayant développé un diabète de type 2 étaient plus âgés, avaient un emploi de grade inférieur, étaient plus affectés par des événements de leur vie, présentaient un taux de HDL-cholestérol moins élevé et un IMC, une pression artérielle systolique, un taux de triglycérides et de protéine-C réactive plus élevés.

Chez les femmes - mais pas chez les hommes -, le stress lié à un travail alliant une forte demande psychologique et une faible latitude décisionnelle est apparu associé à une hausse de 60% du risque de développer un diabète de type 2, et le risque était deux fois plus élevé pour un stress lié à un travail associant forte demande psychologique, faible latitude décisionnelle et faible soutien social.

APM - 18/09/09

A lire également :

24/09/2009

Souffrance au travail - 3/3

Auteur de "Suicide et travail : que faire ?" (PUF, 2009), Christophe Dejours, psychanalyste, appelle à repenser le travail pour sortir des logiques gestionnaires qui détruisent le tissu socio-professionnel tout en faisant croire qu'elles traitent les problèmes des salariés.

A l'évidence, ce sont les dirigeants d'entreprise, des politiques d'entreprise, le Medef, la refondation sociale mais aussi l'Etat, qui sont responsables. Il joue toujours un rôle de régulateur et là il s'est aligné sur le Medef. La responsabilité est aussi partagée par nous tous dans notre rapport au système qui ne marche pas sans notre collaboration, notre intelligence, notre zèle. Toute organisation du travail est aussi une organisation politique et une certaine conception de la domination.

Qu'entendez-vous par "repenser le travail" comme solution à la dégradation de la santé mentale au travail ?

Il faut rompre avec les modèles d'évaluation dont je vous ai parlé et repenser le travail à partir du travail collectif : c'est la question de la coopération et des instruments d'analyse du travail collectif. Puis, il ne faut plus mesurer le travail mais entrer dans la matérialité du travail. Enfin, c'est possible, puisque je l'ai fait dans un certain nombre d'entreprises. Quand on fait ce changement de cap, ce n'est pas qu'une catégorie particulière qui souffre, c'est tout le monde. Car c'est un réel changement de posture. Mais une fois que le mouvement est lancé, les gens vont beaucoup mieux.

Votre modèle casse la logique du Medef ?

Effectivement, mais il y aussi des patrons qui viennent me voir pour me demander de changer les instruments d'évaluation. N'oublions pas que l'évaluation du coût de la santé mentale au travail représente 3 à 6 % du PIB aujourd'hui dans tous nos pays. Donc les gens ont tout à gagner à faire ce travail de réévaluation.

Votre méthode a-t-elle rencontré des échecs ?

Oui, des démarches s'arrêtent en cours de route. L'idéologie de France Télécom, c'est de casser les gens, les faire plier. Les gens ne comprennent plus. D'un côté, on demande aux cadres de virer des gens, de l'autre, on leur dit, vous êtes responsables de dépister les gens qui ne vont pas bien. La responsabilité incombe à ces managers tiraillés entre recevoir l'ordre de casser les gens et d'en assumer la responsabilité. Ils tombent malades. Mais il y a aussi le suicide, l'infarctus, l'hémorragie cérébrale. Pour en sortir, il faut un accord négocié sur la démarche et sur la cohérence par rapport à la politique de l'entreprise.

Sinon vous prenez le risque d'être associé à un alibi ?

Oui. Mais nous ne voulons pas passer pour un alibi, car à ce moment-là, nous échouons. Les alibis, ce sont les autres, ceux qui font de la gestion individuelle du stress, qui vendent de la relaxation. Les coachs, eux sont la vitrine et l'effet slogan. Ils font croire qu'ils font quelque chose. Et quand cela ne marche pas, ils disent aux salariés : "Vous ne savez pas gérer votre stress".

Une personne peut en cas de détresse se suicider mais aussi retourner son arme contre ses collègues, sa hiérarchie ou saboter gravement l'entreprise ? Est-ce déjà arrivé ?

Des tentatives de meurtres ont déjà été enregistrées. J'ai vu un gars armé tenir en joue tout l'état-major de l'entreprise pendant une matinée. J'ai vu aussi des sabotages extrêmement graves, notamment dans des centrales nucléaires.

Ces cas sont-ils récents ?

On a arrêté des sabotages au dernier moment. Mais je ne peux pas vous en dire plus, je suis sous le sceau du secret. Souvenez-vous de ce cas connu à la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritine), où une personne a cassé la 1re tranche, puis la 2e tranche, puis la 3e tranche en une heure et demie. Il a failli détruire tout le centre de production nucléaire, alors qu'il y a des maîtres-chiens, des contrôles. Comment a-t-il fait ? Si ce n'est au moins avec la passivité des copains. Dans une autre centrale, le gars voulait découpler la centrale du réseau. S'il y était parvenu, la centrale aurait sauté. Ce sont des membres de la CGT qui lui ont "cassé la gueule" pour l'arrêter.

lemonde.fr 16/09/2009

23/09/2009

Souffrance au travail - 2/3

Auteur de "Suicide et travail : que faire ?" (PUF, 2009), Christophe Dejours, psychanalyste, appelle à repenser le travail pour sortir des logiques gestionnaires qui détruisent le tissu socio-professionnel tout en faisant croire qu'elles traitent les problèmes des salariés.

Vous écrivez qu'il y a trente ans, il n'y avait pas de suicide au travail pour deux raisons : la résistance à l'effort et des solidarités plus fortes...

Oui, il y avait les autres, un collectif de travail, des stratégies de défense. On ne laissait pas un type s'enfoncer. J'ai vu des ouvriers alcooliques qui ne pouvaient pas monter sur les toits pour travailler. Les copains lui demandaient de rester en bas. Ils faisaient le boulot à sa place. Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire en termes de prévention de l'accident, de prévention du suicide, de prévention des troubles psychopathologiques ? C'est impensable aujourd'hui ! On apprend aujourd'hui le pire alors qu'on apprenait le meilleur hier : la solidarité. C'est parce qu'on a adopté de nouvelles méthodes au travail que l'on a aujourd'hui un désert au sens arendtien du terme : la solitude totale.

C'est ce que vous appelez le passage du critère "travail" au critère "gestion du travail"...

A partir des années 1980, les gestionnaires se sont imposés dans le paysage, en introduisant l'idée que l'on pouvait faire de l'argent non pas avec le travail mais en faisant des économies sur les stocks, les ratés, les retouches, les effectifs. Tout ce qui est à la marge peut être l'objet d'économies. Partout, on vous apprend que la source de la richesse c'est la gestion des stocks et des ressources humaines, ce n'est plus le travail. Nous le payons maintenant ! Cette approche gestionnaire croit mesurer le travail, mais c'est conceptuellement et théoriquement faux ! Il n'y a pas de proportionnalité entre le résultat du travail et le travail. C'est très grave, car cela signifie que la comptabilité est fausse. D'où la contestation.

C'est donc le décalage entre la réalité du travail et la vision gestionnaire qui augmente le stress des salariés ?

Les gestionnaires qui ne regardent que le résultat ne veulent pas savoir comment vous les obtenez : c'est un contrat d'objectif, disent-ils. C'est comme ça que les salariés deviennent fous, parce qu'ils n'y arrivent pas. Les objectifs qu'on leur assigne sont incompatibles avec le temps dont ils disposent.

Cette logique gestionnaire se rapproche-t-elle de la logique totalitaire selon la conception d'Hannah Arendt, que vous citez dans votre bibliographie ?

C'est assez difficile d'être affirmatif mais la question est posée, car les gens sont amenés à faire des tâches qu'ils réprouvent et il y a une machinerie très puissante qui est mise en œuvre et qui a avec le totalitarisme ce point commun qu'on traite l'humain comme quelque chose d'inutile, d'interchangeable. On lance des slogans pour faire croire qu'on fait des ressources humaines mais dans la réalité, c'est la gestion kleenex : on prend les gens, on les casse, on les vire. L'être humain au fond est une variable d'ajustement, ce qui compte, c'est l'argent, la gestion, les actionnaires, le conseil d'administration.

Ce qui pose forcément la question de la responsablité...

lemonde.fr 16/09/2009

22/09/2009

Souffrance au travail - 1/3

Auteur de "Suicide et travail : que faire ?" (PUF, 2009), Christophe Dejours, psychanalyste, appelle à repenser le travail pour sortir des logiques gestionnaires qui détruisent le tissu socio-professionnel tout en faisant croire qu'elles traitent les problèmes des salariés.

Pourquoi parle-t-on plus aujourd'hui du suicide au travail ?

Christophe Dejours : Parce que les suicides sur les lieux de travail n'existaient pas avant. Ils sont apparus il y a une douzaine d'années, sans avoir été relayés. Le tournant s'est opéré en 2007, avec les cas de suicides chez Renault et Peugeot.


Les premiers suicides dont j'ai entendu parler constituaient pour moi une forme de décompensation psycho-pathologique parmi d'autres. C'est la répétition des choses qui est devenue hallucinante. Non seulement, il y avait un suicide sur les lieux de travail mais généralement il ne se passait rien après. Ces suicides au travail marquent incontestablement une sorte de bascule qui frappe le monde du travail.

Pour un suicide lié au travail combien de tentatives de suicide et de personnes internées en raison du travail ?
On ne peut pas le chiffrer car on n'a pas fait d'enquêtes épidémiologiques. Le ministère du travail fait la sourde oreille à mes demandes. Grâce à la commission mise en place par le gouvernement et dirigée par David Le Breton et dont je suis membre, nous avons réussi à obtenir que dans les statistiques sur les conditions de travail, il y ait désormais un item lié au suicide-travail. D'après une étude réalisée en 2005 en Basse-Normandie, on arrive à un taux de suicide, quand on l'extrapole à l'ensemble de la France, de 300-400 suicides par an. Mais le chiffre ne change rien.

Dans votre ouvrage, vous invalidez la défaillance individuelle comme seule raison du suicide...

Il y a des cas de suicides que l'on ne peut imputer à des difficultés dans l'espace privé : troubles névrotiques, psychotiques, dépressifs, des symptômes précurseurs, ni à un terrain de vulnérabilité particulière. C'est même là aussi une bascule pour la psychopathologie générale.

Ce qui est surprenant c'est que nous avons des personnes qui vont très bien et qui se suicident. On ne peut les expliquer avec les références habituelles de la psychiatrie. Il y a une bascule dans l'ordre social, dans le fonctionnement de la société, c'est aussi le signe d'une rupture dans la culture et la civilisation : les gens se tuent pour le travail. Cela oblige à repenser les catégories habituelles de notre discipline et à revoir ce que les sociologues du suicide disent, en particulier Emile Durkheim dans son livre "Le Suicide" qui contestait les positions des psychopathologues. Du coup, on est obligé de revenir à ce qui se dit sur la solitude. On avait donc un peu raison.

lemonde.fr 16/09/2009

20/09/2009

Conflits au travail : les Français ne sont pas formés à les gérer

Les salariés français sont ceux qui sont le moins formés à la gestion des conflits dans le cadre professionnel. C'est ce que révèle une étude du cabinet de conseil européen spécialisé dans la psychologie du travail, OPP.

85 % des salariés ont été, à un degré ou à un autre, confrontés à une situation de conflit au travail. C'est ce que révèle une enquête menée par le cabinet de conseil européen spécialisé dans la psychologie du travail, OPP. Antony Erb, directeur d'OPP, France nous livre les enseignements de cette étude pour la France.

Esquiver les conflits
Les salariés français ressentent moins les effets négatifs des conflits que les autres salariés. Ils sont aussi ceux qui enregistrent le moins de conflits ayant abouti à des attaques personnelles (18 % contre une moyenne mondiale de 28 %), à des démissions (10 % contre 18 %) ou des licenciements (9 % contre 17 %). Ces chiffres résultent peut-être en partie de la stratégie de l'évitement mise en place par les salariés français, comme le souligne Antony Erb. Les salariés français " préfèrent les gestes forts à la discussion ". En cas de conflit, 16 % des salariés avouent ne pas se présenter à des réunions (contre 9 % en général). Et peu se tournent vers leurs collègues pour leur demander conseil. Ce qui explique aussi que les salariés français passent moins de temps à gérer les conflits : 1,8 heure par semaine contre 2,1 en moyenne.

Le management montré du doigt
Lorsque conflits il y a, ils sont avant tout le résultat de la mauvaise qualité du management et du manque d'honnêteté et d'ouverture d'esprit, estiment les salariés français. "C'est une question de perception : quand il y a un problème c'est la faute des managers", constate Antony Erb. "Mais la France est aussi le pays où les managers sont les plus critiques à l'égard d'eux-mêmes", souligne-t-il. 45 % des salariés français attendent d'ailleurs de leurs managers qu'ils leur fournissent de meilleurs conseils pour faciliter la gestion des désaccords.

Gérer les conflits n'est pas le rôle des RH
Ce sont aussi les salariés français qui sont les moins satisfaits de la manière dont les départements RH agissent pour gérer les discordes. Toutefois, soulignons que de manière générale les salariés considèrent que la gestion des conflits est du ressort de toute l'entreprise, puis des managers, de la direction et enfin seulement des RH, souligne Antony Erb.

Les Français peu formés à la gestion des conflits
L'étude révèle enfin qu'en matière de formation à la gestion des conflits, la France est le plus mauvais élève. Les salariés français sont ceux qui sont le moins formés aux techniques de gestion des conflits. 73 % d'entre eux n'ont en jamais suivi (contre 56 % en moyenne). "Ce type de formation est en principe dispensée dans les processus de management ou de motivation au sein même de l'entreprise. Ces formations, de type comportemental, permettent d'anticiper, de faire émerger les choses mais apprennent aussi que les salariés attendent de leurs managers qu'ils soient un modèle de comportement", explique Antony Erb. "Elles devraient s'adresser à tout le monde, estime-t-il, et pas seulement aux managers", d'autant que l'étude permet de constater que les conflits surgissent en grande majorité au premier niveau de hiérarchie.

Parmi les salariés français qui ont suivi une telle formation, non seulement ils n'ont pas été assidus mais en plus la moitié indique n'en avoir rien retiré. La formation, lorsqu'elle a été prodiguée, l'a été avant tout dans le cadre d'un cursus formel en externe sur la gestion des conflits (11 %), mais également dans le cadre d'une formation en gestion des relations personnelles (8 %). Pour le cabinet OPP, ce manque de formation explique que "les salariés français sont ceux qui ont le moins de chances de percevoir et développer des résultats positifs tirés des conflits professionnels".

http://www.lentreprise.com/ 15/09/2009

18/08/2009

Souffrance au travail...

Le suicide au travail est le plus souvent lié à une transformation de l'organisation. Mardi 11 août, un agent de France Télécom à Besançon (Doubs) s'est donné la mort. Sud-PTT indique que, "depuis février 2008, c'est le vingtième suicide enregistré" chez l'opérateur par l'Observatoire du stress et des mobilités forcées, créé par ce syndicat et la CGC.

Ce passage à l'acte est "en lien avec le travail", affirment les syndicats. Le parquet de Besançon a, lui, estimé que, à la lecture d'une lettre laissée par le salarié, il était "impossible d'établir un lien formel de causalité" entre ses problèmes professionnels et son suicide, sans exclure la possibilité d'une enquête sur ses conditions de travail.

Ce drame relance le débat sur le malaise au travail. Coauteur, avec Florence Bègue, de Suicide et travail, que faire ?, à paraître le 2 septembre aux Presses universitaires de France (PUF), Christophe Dejours, titulaire de la chaire psychanalyse-santé-travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), souligne l'importance de l'organisation du travail.

Comment réagissez-vous à ce nouveau cas de suicide ?

Je suis en colère, car cet événement souligne une dégradation du "vivre ensemble" chez France Télécom qui, depuis sa privatisation, pratique une réorganisation d'une grande brutalité, d'après les enquêtes dont j'ai eu connaissance. Je suis effondré, car cela montre que le travail que nous avons essayé de faire, depuis les premiers suicides au travail, il y a une douzaine d'années, pour favoriser la prise de conscience de la souffrance au travail, est sans effet.

Avez-vous rencontré des chefs d'entreprise ouverts à ce sujet ?

Oui, mais ils sont rares, car les directions sont très hostiles à ouvrir ce dossier. J'observe toutefois, depuis quelques années, qu'elles sont très inquiètes, et prennent des initiatives simplistes, comme la création de cellules psychologiques, de numéros verts ou l'organisation de stages de gestion individuelle du stress. Ce ne sont pas de réelles solutions, parce que les suicides relèvent de fragilités individuelles, même si l'entreprise reconnaît l'existence de contraintes. Chacun est considéré comme responsable de sa décompensation. Cette vision est fausse : ces suicides sont le plus souvent en lien avec les transformations de l'organisation du travail.

Les fragilités individuelles ne pèsent donc pas ?

Chacun a ses fragilités. Il faut cesser de penser l'organisation du travail pour des êtres humains idéaux qui n'existent pas. C'est vrai qu'en général, le salarié qui se suicide a des difficultés personnelles. Mais expliquer ainsi son geste, comme le font les directions, c'est s'appuyer sur l'idée d'une coupure entre vie personnelle et vie au travail. Or, sur le plan psychique, elle n'existe pas. Quand quelqu'un souffre au travail, cela vient dégrader sa vie personnelle.

La crise économique aggrave-t-elle le risque de suicides ?

Nous n'avons pas de statistiques, mais la crise ne suffit pas à aggraver ce risque. Ce qui joue, c'est l'absence de remise en question d'une organisation du travail qui produit 300 à 400 suicides par an et une montée des pathologies mentales.

Que préconisez-vous ?

Il y a trente ou quarante ans, le harcèlement, les injustices existaient, mais il n'y avait pas de suicides au travail. Leur apparition est liée à la déstructuration des solidarités entre les salariés. Celles-ci ont été broyées par l'évaluation individuelle des performances, qui crée de la concurrence entre les gens, de la haine même. Cette évaluation doit être remise en question, et je connais des entreprises qui le font. Il faut se réinterroger sur ce qu'est le travail collectif, la coopération. Cette dernière passe par l'instauration de règles de métier, qui organisent le "vivre ensemble".

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07/07/2009

20 mn de sport pour 12 heures de bien-être

L'équipe du Dr. Sibold de l'université du Vermont a démontré que pratiquer une activité physique pendant 20 minutes permettrait de contrer les effets du stress sur l'humeur pendant au moins 12 heures. L'essai a été réalisé auprès de 48 participants, divisés en 2 groupes. Le premier groupe s'est soumis à une séance de 20 minutes d'exercice sur vélo à intensité modérée. Le second groupe a bénéficié de 20 minutes de détente. Avant la séance, puis 6 fois dans les 24 heures suivant l'activité, chaque participant a dû remplir un test psychologique afin d'évaluer son humeur. Quel que soit l'âge et le niveau d'entraînement des participants, les effets positifs de la séance d'exercice sur l'humeur se font encore sentir au bout de 12 heures. Le groupe soumis à de l'exercice physique a eu de meilleurs résultats que le groupe bénéficiant de détente.

21/04/2009

Les centenaires auraient une personnalité plus extravertie

D’après une récente étude de chercheurs en gériatrie de la faculté de médecine de Boston, la personnalité aurait un impact décisif sur l’espérance de vie. Ces spécialistes ont en effet constaté un nombre élevé de sujets extravertis et exempts de névroses dans les familles de centenaires. Thomas Perl, directeur de l’étude, estime que ces facteurs psychologiques ont un "effet bénéfique" sur le vieillissement. "Par exemple, ceux qui sont moins névrosés gèrent mieux le stress. Et les extravertis ont plus d’amis, du coup ils s’occupent mieux d’eux", explique-t-il. D’après ces scientifiques, ces paramètres psychiques devraient être pris systématiquement en considération dans les études sur le vieillissement, aux côtés des facteurs génétiques et environnementaux. Concernant les facteurs environnementaux, le démographe Jean-Marie Robine, directeur du laboratoire démographie et santé de l’Inserm, ajoute dans "Le Figaro" que les pays développés où le ratio entre ce que gagnent les plus riches et les moins riches est faible (France, Japon) ont une meilleure espérance de vie que ceux où ce ration est élevé (Etats-Unis, Grande-Bretagne).

Le Figaro – 08/04/09

16/04/2009

Stress - Conséquences sérieuses...

Le Dr. Edwards, directeur d’un programme comportemental de gestion de la douleur chronique auCentre Médical de l’université de Duke, rappelle que le stress peut avoir des conséquences multiplesen termes de maladies et de douleurs physiques. Sous l’effet d’une menace, le cerveau prépare lecorps à une réaction de fuite ou d’attaque en mobilisant le système nerveux sympathique. Lesglandes sécrètent de l’adrénaline, du cortisol et d’autres hormones, ce qui entraîne une contractiondes muscles, une accélération du rythme cardiaque associée à une constriction des vaisseauxsanguins, et un ralentissement du système digestif. La chronicité du stress est donc un facteur derisque médical sur de nombreux fronts. Elle peut créer des changements biochimiques quiaffaiblissent le système immunitaire ou dérèglent l’appareil digestif. Une bonne qualité de vie, incluantune activité physique régulière, qui entraîne notamment la sécrétion d’endorphine et contribue àéliminer l’excès d’adrénaline et de cortisol, permet de contrer les effets néfastes du stress dans ladurée, souligne le chercheur.

The Wall Street Journal Europe – 17/03/09